La Bayadère de Rudolph Noureev

Vous avez envie de voir du grand spectacle ? De faire des rêves exotiques, d’être transportés dans les Indes fantastiques des Maharajahs ? De voir une belle histoire d’amour, de trahison et de revenantes ? D’applaudir à de la bonne technique classique à papa, pour ressortir les mirettes pleines d’étoiles ? La Bayadère est faite pour vous. Dans les lignes qui suivent, toutes les informations pour tout savoir sur ce monument du répertoire classique, dans sa version Noureev du moins. Décollage imminent pour l’Inde.

Acte 1

L’histoire : Le rideau s’ouvre sur un temple hindou perdu dans la jungle. Solor, un guerrier de la cour du Rajah, s’en revient de la chasse au tigre. Au plus grand des calmes. Le grand prêtre du temple procède à la cérémonie du feu sacré (woooh…), aidé par une bande fakirs. Les bayadères, des danseuses sacrées, dansent pour cette cérémonie, mais surtout LA Bayadère. Nikiya, la grande bayadère du temple, ranime le feu. Le grand prêtre, il l’aime beaucoup, la petite Nikiya…mais cette dernière a plutôt le béguin pour Solor, et pour ne rien gâcher c’est réciproque. Ils se jurent un amour éternel, bien que Nikiya, en tant que danseuse sacrée, ne puisse aimer un homme. Le grand prêtre les surprend, et jure de se venger. Au palais, le Rajah offre la main de sa fille Gamzatti à Solor. Ce dernier est obligé d’obéir (VDM). Le brahmane révèle au Rajah que Solor aime Nikiya. Plutôt que de le faire mourir, le Rajah décide que c’est Nikiya qui doit trinquer. Gamzatti convoque Nikiya pour qu’elle renonce à Solor et soit sauvée, mais le courant ne passe pas hyper bien entre les deux rivales : ça tourne en eau de boudin et Nikiya tente de poignarder Gamzatti. Oops…Evidemment, la princesse n’entend pas en rester là et ourdit sa vengeance.

La danse : Cet acte, très narratif, laisse beaucoup de place à la pantomime. Beaucoup. Le moment un peu intéressant est la petite danse du feu de Nikiya, c’est la première apparition de la danseuse étoile qui pose alors les bases de son interprétation. En plus la musique est assez jolie avec cette petite flûte traversière, et la chorégraphie avec ces posés-piqués-attitude est sympa. Sinon, on est au théâtre.

Acte 2

L’histoire : C’est la fête au palais du Rajah pour les fiançailles de Gamzatti et Solor. Nikiya est appelée pour danser en leur honneur. La servante de Gamzatti lui apporte une corbeille de fleur avec laquelle elle danse. Cependant un serpent s’y dissimule et la mord. Refusant l’antidote que lui tend le brahmane, elle préfère mourir que de vivre sans Solor, ce dernier se précipitant pour la recueillir dans ses bras. #GrosLove #Tragédie #Cléopâtre.

La danse : Alors là pour le coup ça danse. Corps de ballet, solistes, Etoiles, il y en a pour tout le monde. La danse de l’Idole Dorée est sublime, le danseur apparaît le corps peint de pigment or, tout est en saut et en virtuosité. J’ai une petite tendresse pour la danse Manou, qui figure une femme portant une cruche d’eau sur sa tête, et deux petites filles qui cherchent à y boire. La petite musique est sympa, les pointes sont à l’honneur. Après on a bien entendu le grand pas de Gamzatti et Solor, avec les variations qui vont avec. Gamzatti est servie au niveau des pirouettes, on a de jolies cabrioles, et au final des fouettés attitudes très caractéristiques du rôle, suivis de fouettés classiques. Du lourd. Solor a une variation cool, avec un beau manège de grands jetés, et des pas de valse que j’aime bien. Enfin la mort de Nikiya est sublime, techniquement et artistiquement. Un adage superbe, suivi d’une danse rapide et presque enjouée, quand c’est bien dansé c’est fantastique. Les pas d’ensembles sont sympas, mais rien de plus à dire sur le sujet.

Acte 3

L’histoire : Autant vous le dire tout de suite, Solor il l’a mauvaise. Du coup, il se défonce à l’opium. Chouette idée…il part donc dans un vieux trip de drogué au Royaume des Ombres, dans lequel apparaissent les âmes des bayadères mortes (oui oui oui, visiblement Solor n’était pas le seul à fumer autre chose que des clopes). Mais du coup, il retrouve sa bien-aimée, et ça c’est cool. Happy end.

La danse : On est dans la bonne tradition de l’acte blanc, j’adore et j’adhère. L’entrée des Ombres est mythique. Elles arrivent sur un plan incliné à 30° au fond de la scène, puis serpentent en une longue file jusqu’au bout du plateau. Tout tiens dans la crainte de l’effet domino…et l’effet est tout de même assez irréel. Les variations des trois Ombres sont super bien, je les aime beaucoup. Là on est dans la technique à 200%, ça fait toujours plaisir. Le pas de deux de Solor et Nikiya, dansé non pas de la main à la main mais liés par un voile de tulle, est très beau, c’est une jolie alternative aux pas de deux classiques.

La musique : ALORS. C’est du Minkus quoi…c’est-à-dire que ça se danse très bien, c’est même prévu pour ça. Mais les mélomanes peuvent passer leur chemin. On n’est parfois pas très loin de la fanfare municipale…Toutefois, ce sont des airs qui parleront à tous les balletomanes et aux danseurs amateurs, tant ils sont utilisés dans les cours de danse classique. Donc au fond j’ai un attachement sentimental à cette musique, qui aide à supporter le côté bourrin du compositeur (qui est tout de même moindre que dans certains de ses autres ballets).

Le piège : Tout miser sur la technique et oublier l’interprétation. La Bayadère, c’est quand même un drame, les talents d’acteurs des danseurs doivent se dévoiler au complet pour faire vivre un argument qui à défaut restera niais et plat.

Vade-mecum du spectateur : Vous pouvez applaudir à votre aise. Applaudissez après les variations, les pas d’ensemble, et en plus quand le danseur ou la danseuse viennent saluer. Dans les grands soirs, avec de grandes étoiles, on peut applaudir à l’apparition d’un personnage principal (Nikiya-Solor-Gamzatti). Prévoyez de quoi vous restaurer/hydrater, il y a deux entractes.

Pour résumer: La Bayadère, c’est du grand spectacle, le dernier legs de Noureev à l’Opéra, des costumes et décors à tomber, une danse technique et virtuose et une histoire à faire pleurer dans les chaumières. Que demande le peuple ? Bonus personnel : de la belle danse masculine, avec Solor et l’Idole Dorée qui sont biens servis par le chorégraphe. Toujours bon à prendre. Donc quand c’est programmé, on ne se pose pas la question : on va gentiment prendre sa place et on profite du spectacle.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. BA dit :

    J´ai beaucoup aimé votre votre manière de présenter ce ballet ! Ce brin d´humour me plait énormément .

    Aimé par 1 personne

    1. ildanse dit :

      Merci BA ! Un peu de désacralisation et de vulgarisation ne fait pas de mal n’est-ce pas 😉

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  2. jordi dit :

    Je viens de découvrir votre blog et je aime vraiment. En outre, je suis ravi de lire votre présentation ballet La Bayadère, je vous félicite, je l’ai beaucoup aimé. j’espère lire davantage.
    J’ai vu la Bayadère, je pense que plus de 30 fois dans de villes différentes du monde, en particulier à Londres et Paris. et bien que le rôle principal de Nikiya est très exigeant techniquement parlant, j’adore le rôle de Gamzatti, et je pense que le Grand Pas entre Gamzatti et Solor est simplement magnifique, également la variation de Gamzatti est divine.un merveilleux succès de la chorégraphie et la musique qui continue d’étonner le public année après année, en effet, vous avez raison, La Bayadère est un grand spectacle.

    Aimé par 1 personne

    1. ildanse dit :

      Merci Jordi pour votre message, vous êtes bien chanceux d’avoir autant vu La Bayadère ! Ravi que mon article vous ait plu 😉

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