Mon petit mot sur le concours de promo…(2015)

Le Concours de promotion de l’Opéra de Paris, c’est le marronnier qui tombe chaque année vers novembre-décembre. Cette année, il a lieu dans quelques jours, le 3 novembre (Dames) et le 6 novembre (Messieurs).

Le principe : je vous rappelle que la hiérarchie de l’Opéra est divisée en 5 classes : Quadrille, Coryphée, Sujet, Premier(e) danseur(se) et Etoile. Cette répartition détermine (la plupart du temps) les distributions, l’idée étant que plus on est en bas, plus on est dans le corps de ballet, le remplacement voir le remplacement du corps de ballet, et que plus on est en haut, plus on s’approche des rôles de solistes et des rôles principaux. Ça va, jusque-là tout le monde suit ?

Bon. Partons du principe que l’ambition du danseur ou de la danseuse lambda, c’est d’être nommé(e) Etoile. Oui, nommé : à la fin d’une représentation particulièrement bien assurée par un(e) Premier(e) danseur(se), le Directeur de l’Opéra, « sur proposition du Directeur de la Danse », selon la formule consacrée, « nomme Etoile du Ballet de l’Opéra National de Paris M./Mlle X ». Joie, pleurs, applaudissements, révérences à n’en plus finir, hystérie collective. Mais avant d’arriver là, il a fallu à l’heureux(se) élu(e) passer chaque grade de la hiérarchie lors de ce fameux concours.

Chaque catégorie se voit attribuer une variation imposée, et les artistes choisissent une variation libre à présenter. Les semaines qui précèdent le concours sont donc consacrées non seulement aux représentations et répétitions habituelles, mais aussi au travail de ces variations, souvent avec des Etoiles ou certains maîtres de ballet. Le jury, composés de danseurs de la compagnie et de membres de la direction, déterminent ensuite qui passe et qui ne passe pas.

Problème:  ce concours a été dénoncé comme un appareil de système, injuste envers certains talents (coucou Mathilde Froustey), et ne tenant pas compte du réel travail sur le long terme. Benjamin Millepied l’aurait bien supprimé, mais il semble qu’un vote de la compagnie l’ait maintenu…De plus on me souffle à l’oreillette (chassez le juriste, il revient au galop, mais il est mauvais en droit public, donc merci à qui de droit pour m’avoir sorti de l’erreur) que l’ONP n’est PAS une administration publique mais un Etablissement public industriel et commercial, ses danseurs ne sont donc pas fonctionnaires,  et l’usage dans la fonction publique de progresser par concours ne s’applique donc pas systématiquement. Il semble que cette tradition est due à cette chère Marie Taglioni…(passage modifié, pardonnez mon erreur)

BREF, toujours est-il que c’est reparti pour un tour cette année. Danses avec la Plume, en collaboration avec plusieurs blogueurs-danse, a déjà sorti un article avec lequel je suis en grande majorité d’accord. En fait ces lignes ne servent qu’à développer un peu mon avis (« il en parle », c’est pas juste pour faire joli dans le titre).

Quadrilles

Je suis forcé d’admettre que je connais assez peu les artistes de cette catégorie, et que mes choix sont donc plutôt basés sur les noms que je connais (pour de bonnes ou de mauvaises raisons). Cinq postes à pourvoir en Coryphées pour ces demoiselles, la variations imposée (VI) est tirée du Grand pas classique. Mes espoirs se tendent vers Laura Bachman (que la Direction semble apprécier et qui a un bon potentiel contemporain, voir les soirées ATDK) et Alice Catonnet (j’ai croisé cette dernière à plusieurs stages étant plus jeune, elle est dotée d’une grâce dont il serait dommage de se priver. De plus je pense qu’elle ferait un très bon partenariat avec Hugo Marchand, ils sont tout deux issus de la même promo je crois. Elle devrait assurer dans la VI). Pour la classe des danseurs, deux postes, VI du Prince à l’acte II de La Belle au bois dormant (pas de vidéo…). Je mise tout sur Pablo Legasa, solaire, super charisme (voir cette vidéo d’Aunis). Sinon Takeru Coste, compatriote angevin oblige (ouais je sais, c’est vraiment une super raison…).

Coryphées

Quatre postes de Sujet à prendre chez les filles, VI de Raymonda dite des pizzicati (vidéos sur YouTube mais pas de la version Noureev…). Mes favorites sont Letizia Galloni et Marion Barbeau: charmantes, techniques, efficaces, elles sont en veine avec la Direction et ont déjà fait leurs preuves (La fille mal gardée pour Galloni, j’avais trouvé Barbeau très bien dans CLBF en septembre). Elles méritent de passer. Pour les autres, je n’en dirai pas autant, ou alors j’approuverai sans passion. Ce sont pour moi les deux à suivre dans leur catégorie. Pour ces messieurs, c’est la guerre. Il y n’y a qu’un seul poste et pleins de prétendants potentiels, sur une VI tirée de l’acte I de La Sylphide (à partir de 40’34 »). Une variation techniquement difficile, mes deux favoris sur ce coup sont Jérémy-Loup Quer et Antoine Kirscher. Mais ils sont loin d’être seuls, devront être très en forme pour la VI et proposer quelque chose d’intéressant pour la variation libre.

Sujet

Les Sujets, traditionnellement, c’est la classe où c’est, pardonnez-moi, la merde. Un enjeu immense (dernier concours avant d’être, peut-être, Etoile), des exigences accrues (la pure technique ne suffit plus), pleins de danseurs qu’on aime et qu’on aimerait tous voir monter…Les danseuses s’affronteront sur la variation du printemps de Four Seasons de Jérome Robbins, pour deux places (4’35 » sur la vidéo. Aurélie Dupont <3). Tout le monde s’accorde pour dire qu’il faudra départager Héloïse Bourdon, Hannah O’Neil, Léonore Baulac et Sae Eun Park. Si la dernière ne me tient pas particulièrement à cœur, entre les trois autres je balance…Héloïse Bourdon et Hannah O’Neil me semblent plus à même d’assurer le poste pour cette année. Surtout Héloïse Bourdon d’ailleurs (ne nous refaite pas une Froustey, d’avance MERCI). Mais j’adore Léonore Baulac aussi, et la variation est clairement un cadeau pour elle : c’était son choix (victorieux) de variation libre l’an passé. N’oublions pas Sara Kora Dayanova qui, elle aussi, me paraît être une super première danseuse en devenir mais je crains qu’elle soit outsider sur ce coup…

Chez ces messieurs, ce sera Sylvia Pas de Deux de Balanchine. Une variation technique, complète, sans interprétation. En même temps, autant c’est tendu chez les danseuses, autant chez les danseurs la promotion tend les bras à Hugo Marchand: distribution en or, Prix du Cercle Carpeaux, chouchou de la Direction comme du public…pas trop de suspense, sauf si Germain Louvet ou Yannick Bittencourt viennent y mettre du leur (le premier me paraissant bien mieux placé que le second cela dit).

Voici donc mon pronostic personnel, fin du suspense sous peu. Toïtoïtoï à tous les danseurs et danseuses en lice, 3-2-1 BATTEZ-VOUS !

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. GalateeAstree dit :

    Ahhhhhhhh ! Je n’ose imaginer l’après midi de demain… #TeamHéloïse

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    1. ildanse dit :

      On y croit. #TeamHéloïse #Fingercrossed

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  2. Aventure dit :

    Apparemment ils nous refont une Mathilde Froustey ! ^^
    Chouette article à lire en tout cas, c’est un marronier toujours agréable ! 😉

    Aimé par 1 personne

    1. ildanse dit :

      EXACTEMENT. Enfin bref…
      Merci pour votre message, voir les retours positifs des lecteurs m’est toujours agréable également !

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