Recette de saison

Par Victor 

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Top Chef a repris. Ce qui est déjà un premier motif de réjouissances. Le second, c’est l’annonce toute prochaine de la saison 2016-2017 à l’Opéra de Paris. Je ne me risquerai pas aux pronostics, d’autres le font mieux que moi. Mais arrêtons-nous quelques instants sur la difficulté de composer une saison équilibrée. La recette gourmande-croquante qui ravira les amateurs de ballets comme les spectateurs d’un soir est loin de s’obtenir en un tour de main…

La première chose à réunir, et ce qui me semble le plus important, ce sont des ballets du répertoire classique. Du bon répertoire classique, de base, portant la certification « tutus et pointes », et existant depuis plus d’un siècle. Cela inclut évidemment les production plus récentes de ces ballets : TOUS les Noureev (aucune exception recevable, oui ce sont parfois des « navets », mais ce sont des monuments du répertoire quand même), les Pierre Lacotte, Alexeï Ratmansky (pourquoi pas) et autres Jean-Guillaume Bart (La Source <3). Attention toutefois aux quantités: trois, interprétés par la compagnie, ça me semble un bon chiffre. Plus, c’est trop lourd en répétitions, trop de risques de blessures, un coût certain, et puis, il faut que ces ballets restent quelque peu du domaine de l’exception pour être pleinement appréciés…Aller, les années de grande bonté, on poussera gentiment à quatre…

Mais il faut aussi compter sur les ballets « néo-classiques ». Par « néo-classique », j’entends une création du XXe siècle, ou du XXIe, qui s’appuie sur la technique classique, généralement narratif, et avec costumes. On peut éventuellement (très éventuellement), faire un lot commun avec les ballets du répertoire. Mais bon, ce n’est quand même pas la même chose : on ne peut comparer Don Quichotte et La Dame aux Camélias par exemple. Ce sont deux ballets dans des registres, des styles, radicalement différents. En la matière, on a également de quoi faire : La Dame, donc, mais aussi L’Histoire de Manon, Roméo et Juliette, Onéguine, Clavigo (j’aimerai bien voir un Clavigo…), voir des entrées au répertoire…

Il nous faut également du répertoire contemporain : un « grand » ballet de ce répertoire est toujours apprécié, là encore ce n’est pas ce qui manque : on piochera avec bonheur chez Pina Bausch, Maurice Béjart, Angelin Prejlocaj, pour ne citer qu’eux. Une création serait bienvenue également. L’enjeu est de respecter une certaine mesure avec la danse plus classique. Si la compagnie est de danse classique, on danse avant tout du classique, cela semble logique non ? Je serai le premier à pousser des cris si un déséquilibre apparaissait : pour moi, la recette aurait alors mal tourné.

Mais il reste encore au chef de quoi rattraper son mélange, avec une arme secrète quoique un peu facile : les soirées comportant plusieurs ballets, ou « bill » (triple ou double, cela dépend). A dominante classique, ou contemporaine, en fonction de la couleur que l’on donnera à la saison (vous avez compris laquelle a ma préférence…). Ces soirées sont de bonnes occasions de voir des pièces courtes, mais souvent sympathiques : du répertoire américain (quelques Balanchine et Robbins…), ou français (Lifar, Petit, avec une option spéciale sur Le Jeune homme et la Mort…), autres (anglais, danois, que sais-je ?). Le problème est de ne pas en user trop souvent, sous peine de galvauder le plat.

Enfin il faut compter sur les compagnies invitées : on les choisira de qualité bien entendu, prestigieuses si possible, et avec de beaux ballets qui ne sont pas au répertoire de la compagnie pour voir du nouveau.

Une fois tout ceci dit, il faut goûter…mais l’art de la saison est subtil et délicat, le public prompt à la critique, et le chef s’expose à l’encensoir comme à la foudre. Pour la saison 2016-2017, réponse mercredi !

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. BA dit :

    Moi j´aime bien les soirées avec plusieurs ballets. Cela me permets de découvrir de nouveaux choréographes et de voir plus de danseurs. Les versions Noureev : une par saison me suffit. Une version plus moderne de ces classiques me ferait plaisir. (Casse Noisette de Balanchine pr ex. je ne connais pas ou le lac de JC Maillot, Romeo et Juliette de Cranko, la petite danseuse de Degas……)
    Oh, j´ai faim !

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  2. alors ? verdict sur le plat concocté par Benjamin ? envoyé en épreuve sous pression ou coup de coeur du chef Victor ? 😉

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    1. ildanse dit :

      Mon article est en préparation, je peux déjà vous dire que cette assiette est pour moi gâchée par un déséquilibre des saveurs. Un peu comme un plat américain surchargé de sauce, vous voyez ce que je veux dire ?

      Aimé par 1 personne

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