La Saison 2015-2016 à l’ONP- Le Bilan

Le temps des bilans continue, et à présent c’est celui de la saison 2015-2016 qu’il convient de dresser. Pour bien comprendre ce que je veux dire à certains endroits, je vous invite à aller jeter un œil à cet article écrit en début d’année (l’un de mes tout premiers, wooouuuaaaah !). 

Mes meilleures soirées

Je peux d’ors et déjà commencer en vous donnant mon top 4 des meilleures soirées que j’ai passé à l’Opéra cette saison:

1- Giselle (Myriam Ould-Braham/Mathias Heymann)
2- La Bayadère (Myriam Ould-Braham/François Alu)
3- Roméo et Juliette (de mes trois distributions, j’ai finalement du mal à choisir…)
4- Soirée William Forsythe (la première que j’ai vue, avec Léonore Baulac et Adrien Couvez dans Of Any If And et Alice Renavand/Marie-Agnès Gillot dans Approximate Sonata. Plus Blake Works I, dont on va reparler, encore ahah)

J’ai pris soin de préciser à chaque fois les distributions qui m’ont le plus fait vibrer, mais sachez que sans prendre en compte les danseurs ces 4 programmes sont, de manière globale, mes 4 grandes réussites de la saison. C’est, sans surprise, les soirées qui me disaient le plus en début de saison, et je suis assez content de la réalisation de mes petites prévisions concernant le Solor de François Alu et la Juliette de Léonore Baulac.

Le point distributions

Justement, parlons un peu plus des distributions, de manière générale. Il a souvent été reproché à Benjamin Millepied des distributions ne mettant pas assez en valeur les Etoiles et poussant les danseurs que l’on a vite catalogué « Génération Millepied ». L’avantage d’un bilan, c’est qu’on peut prendre un peu de recul sur tout cela.

Relevons tout d’abord qu’en effet, certains danseurs ont quasiment voir complètement disparu de la circulation, et c’est parfois très dommage. Jérémie Bélingard, Emilie Cozette, Laëtitia Pujol, Eve Grinzstajn, Muriel Zusperreguy ont, il me semble, été bien discrets cette saison. De même, mais dans une moindre mesure, pour des Etoiles comme Eleonora Abbagnato (qui partage aussi son temps avec sa direction du Ballet de Rome), Marie-Agnès Gillot ou Alice Renavand: des danseuses que j’ai un peu vu cette saison, mais que j’aurai aimé voir plus ! On regrettera également les blessures à répétition de Josua Hoffalt qui l’ont privé plusieurs fois de belles séries qui lui tendaient les bras. 

Pour autant, je trouve que les distributions furent intelligentes: Benjamin Millepied a eu suffisamment de finesse pour mettre en avant la jeune garde sur des rôles forts, mais au final il n’y a pas eu une hégémonie de tel ou tel danseur. Chez les danseuses, plusieurs ont eu droit à des dates en Gamzatti (Héloïse Bourdon, Marion Barbeau, Ida Viikinkoski, Hannah O’Neill), Marion Barbeau a eu Marie dans le Casse-Noisette, Léonore Baulac une Juliette, Eléonore Guérineau une Giselle. Notons également que Valentine Colasante a pas mal dansé cette saison, avec de beaux rôles (Gamzatti, Myrtha). Chez ces messieurs, François Alu a eu Solor, Hugo Marchand et Germain Louvet Roméo, Arthus Raveau a eu Albrecht. Il me semble que cela forme, au final, un équilibre assez intéressant, sans préférence trop marquée pour l’un(e) ou l’autre, sans incongruité par rapport au rang de chacun dans la hiérarchie, et qui a malgré tout laissé la place aux Etoiles. Et qui nous a aussi offert de très belles soirées ! De manière globale ces danseurs, avec ces rôles ou avec leurs participations à d’autres œuvres (créations, triple-bills, etc) signent une très belle saison.

Pareil pour d’autres membres du corps de ballet, majoritairement masculins : certains sont des découvertes, d’autres des têtes déjà bien connues, toujours est-ils qu’ils ont été avec raison mis en avant cette année. Pablo Legasa et Paul Marque sont deux noms qui me viennent spontanément. On peut encore citer Jérémy-Loup Quer (Pâris, Blake Works I), Fabien Révillion (Benvolio), Antonio Conforti (Seven SonatasEntre Chiens et Loups). Chez les filles, un joli souvenir reste chez moi attaché à Sophie Mayoux (Pas de deux des paysans dans Giselle). 

Il en est de même pour certaines Etoiles au top cette année. Dorothée Gilbert a survolé sa saison: interprétation des grands rôles, technique, élégance, classe, tout y était. De même pour Myriam Ould-Braham, avec de très belles interprétations, ou Amandine Albisson, qui a beaucoup (et bien) dansé cette année avec de nombreuses prises de rôle, ainsi que Ludmila Pagliero. Mathieu Ganio se pose en gardien du style français et comme valeur sûre des Etoiles masculines, Mathias Heymann en danseur volontiers virtuose et aux interprétations convaincantes.

Les bonnes surprises

Ce qu’il y a de bien aussi avec un bilan, c’est qu’on peut faire son mea culpa. J’avais un peu vite enterré en septembre des ballets qui m’ont, au final, bien plu ! J’ai commencé très tôt avec Thèmes et Variations, qui contrairement à mes attentes m’a bien emballé ! J’étais sans enthousiasme pour Les Variations Goldberg, au final j’en suis sorti assez content. J’allais voir Roméo et Juliette plus par principe que par goût, je suis tombé amoureux de la version Noureev. Other Dances et In Creases ont également gagné leur pari avec moi. Comme quoi, il faut se laisser surprendre ! (même avec ce qu’on nous propose pour 2016-2017…).

Enfin trèèèèès bonne surprise avec la création de Forsythe, mais ça je crois que vous l’avez compris donc je vais faire une pause sur le sujet…jusqu’à septembre prochain ! 

Les déceptions

Et oui, des déceptions aussi dans le programme de cette année…Ni Clear, Loud, Bright, Forward ni The Dreamer ne me laissent de souvenirs impérissables, de même que pour La Nuit s’achève, le Casse-Noisette revisité n’était vraiment pas nécessaire, pas plus que l’entrée au répertoire de Seven Sonatas…Dernière déception de l’année avec Entre Chiens et Loups qui me laisse le cul entre deux chaises. 

Au total…

Aller, une assez belle saison tout de même que cette saison 2015-2016 à l’ONP. Pas parfaite, mais avec de très belles soirées, qui, on le remarquera, sont tout de mêmes majoritairement tirées des ballets du répertoire. Je dis ça, je ne dis rien. La plupart des triple-bills se sont tout de même révélés faiblards, avec toutefois une pépite au milieu, mais peu (aucun, sauf un, je vous laisse deviner lequel) m’ont fait sortir de la salle en sautant comme un cabri sous LSD.

Au tour de 2016-2017 à présent…surprise ! 

Photos: Isabelle Aubert, La Petite Photographe, Joelle Bonnet, Il danse et il en parle

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s