De la bienséance en cours de danse…

Hola mes fifrelins, comme dirait cette chère Anne-Sophie de la Coquillette ! Je suppose que certains d’entre vous ont déjà repris les chemins des studios en cette période de rentrée mais…minute papillon ! Avec mes copines la baronne de Rothschild, Béa de Montmirail et cette sacrée Lady Palace, on s’est dit qu’il était temps de vous apprendre un peu les bonnes manières. Si la danse a été inventée à Versailles et que bienséance rime avec danse, c’est que le protocole dans le studio, ce n’est certes pas pour la boîte de colophane. On n’est pas des bêtes…un peu de tenue, merde ! Allez, zou, en deux-temps trois mouvements, un petit manuel de savoir-vivre pour le cours de danse.

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Car après tout, si la danse a sa part d’individualisme, il est rare de danser tout seul…surtout dans les grandes villes, où les cours sont souvent remplis à craquer, comme également dans certains grands stages de danse où vous avez pu user vos demi-pointes cet été. Un cours, c’est une mini-société, où il faut respecter quelques règles.

La première, et non des moindres, puisque certains l’appellent Reine des Politesses : la ponctualité. Arrivez à l’heure en cours de danse, dans la mesure du possible bien entendu. Autrement, vous serez soumis au walk of shame, débarquant en sueur et terrorisé dans le studio en plein exercice de dégagés, essayant de vous trouver une place à une barre déjà bondée sous le regard courroucé des autres élèves et du professeur…

Restons à la barre. Déjà, règle de base: celui qui installe une barre a le droit d’y rester, et pour les autres, premier arrivé, premier servi. Ne commencez pas à péter des scandales parce que c’est « votre » place à la barre, parce que sinon on n’est pas rendus. Et il n’y a pas votre nom dessus que je sache…N’oubliez pas que varier de place à la barre, et donc son angle de vue dans le miroir, est un excellent moyen de correction.
Si les élèves sont nombreux, pour votre survie et pour la leur, vous n’oublierez pas de vous mettre de quinconce dès que vos jambes se lèvent : de trois-quart du côté de la salle en 4e position (jambe devant vous), du côté de la barre en arabesque (jambe derrière vous). Vous éviterez ainsi de balancer votre jambe sur votre voisin de derrière pendant les grands battements ou de chatouiller le train de votre voisin de devant pendant un développé quatrième.  

Passons au milieu et donc à l’art du placement. Peu importe si vous passez dans un premier ou un deuxième, voire un troisième groupe, peu importe que vous soyez devant ou derrière, ce qui compte, c’est de vous placer vite et bien. « Vite », pour éviter de faire perdre du temps à tout le monde. Donc on se dépêche de rejoindre une place, et on se dépêche de partir si la seule pause entre deux groupes est une ou deux mesures jouées par le pianiste : il y en a qui arrivent derrière, il faut décarrer, et en évitant de leur rentrer dedans s’il-vous-plaît. « Bien » : c’est-à-dire en comblant les trous, en faisant en sorte que chacun puisse à peu  près se voir dans le miroir (la technique du quinconce est vivement recommandée), et à distance raisonnable les uns des autres. Préservez votre espace, mais ne gênez pas non plus votre voisin, surtout si vous remarquez qu’il a tendance à plus se déplacer que vous. N’hésitez pas non plus à rectifier votre position au cours de l’exercice, si par votre fait ou du fait de votre voisine vous vous retrouvez trop collés.

Tiens, tant qu’on y est: inutile de trop parler en cours de danse. Hormis quelques civilités ou remarques durant la leçon, vous réserverez vos grands discours et vos potins pour le vestiaire ou la sortie du studio, mais pendant que les autres passent et a fortiori pendant que le professeur explique des choses, il y est vivement recommandé que vous la boucliez (à moins que l’ambiance détendue de votre cours ne s’y prête).

Lors des exercices nécessitant un déplacement (tours, petits sauts, allegri, grands sauts…), il n’est pas rare que le professeur vous fasse partir du bout de la diagonale ou du fond de la salle en petits groupes. Ce qui nous amène à aborder le délicat mais important sujet de l’ordre des préséances…A savoir quand et avec qui passer ?
Malgré le caractère quelque peu injuste que peut renfermer cette question, elle a tout de même une certaine importance. Effectuer l’exercice avec une ou des personnes qui ne sont pas du même niveau que vous peut en effet se révéler un danger pour l’un et un sacré déplaisir pour l’autre.

En premier lieu, jugez objectivement de votre niveau et adaptez le choix de votre cours en conséquence. Si vous n’arrivez pas à aligner correctement un pas-tombé, pas-de-bourré et que vous galérez sur des pas simples, il n’est pas forcément judicieux de suivre un cours de niveau avancé ou même moyen. Il ne s’agit pas de s’auto-censurer: aller dans un cours plus élevé que son niveau peut être un excellent moyen de progresser. Mais il faut garder une certaine mesure, et faire appel à son jugement personnel, car par délicatesse ou pour d’autres raisons il se peut que personne ne vous le dise en face.
Une fois ceci dit, il arrive fréquemment que les niveaux au sein d’un même cours soit très hétérogènes. Ce n’est pas un drame et c’est même enrichissant pour tout le monde, mais cela demande un peu d’organisation. Laissez passer en premier ceux qui vous apparaissent d’un niveau plus avancé: il est probable qu’ils maîtrisent déjà l’exercice (ce qui vous permet de copier de le réviser), et ils pourront l’effectuer sans craindre de vous rentrer dedans au cours du déplacement.

Messieurs, pour plus de facilité pour tout le monde, je vous propose de respecter ce principe traditionnel dont certains professeurs font une obligation, mais qui s’adapte à tous les cours: les mecs passent ensembles ! Et ce pour différentes raisons. Tout d’abord, à niveau équivalent, les garçons parcourent souvent plus de distance que les filles : pour le confort de tout le monde, il est préférable de se séparer le temps de l’exercice. Ensuite, les sauts sont souvent plus hauts et les temps de réception plus longs : si tous les garçons passent ensemble, l’éventuel pianiste pourra plus facilement s’adapter à ces particularités. Enfin, il arrive parfois aux professeurs de prévoir pour ces messieurs une fin alternative : par exemple, au lieu de sortir en grand jeté, le garçon fera préparation puis tour en l’air. Vous le sentez venir le carambolage entre le grand jeté de la fille et le mec qui reste à la même place pour faire son tour ?

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Pour éviter ce genre de désagrément, les gars, il s’agit de s’entendre entre vous pour passer ensemble, généralement en dernier après les filles.

Ce type d’exercice nécessite souvent un enchaînement continu des différents groupes : apprenez à vous placer rapidement, à partir avec la musique et du bon côté (gauche ou droite), à la suite du groupe précédant. Pas le temps de multiplier les courtoisies et les ronds de jambe (mouahahah), s’il reste une place et que vous vous sentez d’y aller, allez-y, et tant pis pour ceux qui n’ont pas réagi assez vite : la musique ne les attend pas. 

Ah, une dernière chose: une fois qu’on a passé un tour de manège, on respecte la file d’attente ! Sauf si le professeur vous le demande ou si vous sentez qu’il vous est nécessaire d’effectuer l’exercice plus de fois pour votre progrès, mais dans ce cas n’abusez pas ! Il est mal vu, et plutôt frustrant pour les autres, d’être l’élève qui grille la priorité à tout le monde, qui refait l’exercice le double des autres, et les empêche donc de profiter du cours. Face à ce genre de personnages, n’hésitez pas à vous imposer, fermement mais cordialement : vous aussi avez le droit de profiter du cours, mais peut-être la personne n’avait tout simplement pas réalisé sa conduite. Inutile d’être désagréable, et n’oubliez pas que l’humour et un peu de second degré désamorcent en amont bien des situation potentiellement conflictuelles.

Lorsque le cours s’achève, au signal du professeur, après un dernier port de bras, une révérence, ou non, il est souvent de bon ton d’applaudir : on remercie ainsi le professeur, l’éventuel pianiste, et on s’auto-congratule de l’effort accompli. Si ce n’est pas l’usage dans votre cours, inutile de lancer vous-même les applaudissements, vous prendriez probablement un bide monumental.
En tous cas, avec ou sans applaudissements, si la révérence n’a pas été l’objet d’un exercice à part entière, j’aime bien à titre personnel présenter une révérence rapide au professeur, puis au pianiste s’il y en a un. Marque de respect, de gratitude et de courtoisie, elle ne vous coûte rien, et c’est aussi là une jolie tradition des cours de danse qu’il est bien agréable de faire perdurer !

Allez zou, bande de chenapans, allez danser, et conduisez-vous correctement ! 😉

Behave

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